dimanche 1er février 2009,
La manifestation qui a eu lieu hier en soutien aux inculpés de l’antiterrorisme a réuni environ 3000 personnes, qui ont défilé à Paris, de Luxembourg à la prison de la Santé. Un dispositif policier démesuré jusqu’au ridicule a bloqué les manifestants, les empêchant de s’approcher de la prison où est incarcéré, entre autres, Julien. Cette provocation n’a pas empêché les manifestants de tirer toutes sortes de feux d’artifice, dont un certain nombre a atterri directement sur le dispositif policier, et dont les explosions ont été entendues depuis l’intérieur de la prison, où il a régné, à ce moment-là, une euphorie rageuse.
La manifestation s’est ensuite repliée vers la place Denfert-Rochereau, où elle a été encerclée par la police, qui s’est livré à des arrestations arbitraires, visant spécialement certains membres des comités de soutien - qui sont encore actuellement gardés à vue. D’autres arrestations ont eu lieu peu après devant le centre de rétention de Vincennes, où une partie des manifestants s’était regroupée en soutien aux inculpés de l’incendie du centre - tous ont été libérés depuis.
Cette manifestation était bien surprenante, par sa composition, très disparate à tous points de vue, et par la joie un peu tendue, et prometteuse, qui l’habitait. Il y avait là un certain chaos
dans l’ordre des banderoles, des ralentissements, et des accoutrements, loin de ces kermesses bien rangées sur lesquelles chacun à l’habitude de se greffer. Ceux qui déjà avaient participé aux
manifestations du 29 janvier ont pu constater que là même où l’on attendait spécialement d’ennuyeux cortèges, quelque chose d’autre se devinait. Hier, comme lors des
diverses discussions qui ont
émaillé la semaine de soutien, revenaient sans cesse une question : "et après ?", et un désir : celui de constituer une force. C’est en se liant à ce mouvement qui naît, aux
initiatives locales, à la révolte montante, que les comités de soutien pourront gagner en puissance. Et obtenir la libération de tous les inculpés, et la levée des poursuites.
Le 1er février 2009.

Quelle praxis politique sous un état d'exception ? L'exemple de Tarnac.
Ce mercredi 28 janvier à 18h00 - ULB campus du Solbosch - salle AW1-105
« Tous Coupat, tous coupables ? » C’est en partant de l’acception foucaldienne de la culpabilité qu’Alain Brossat s’invite dans la tempête politique qu’a déclenchée l’inculpation de neuf jeunes adultes de la commune de Tarnac, en France.
Face à des législations d’exception qui considèrent tout comportement anormal comme preuve à charge et tout geste politique porteur d’effet comme gravement répréhensible, toute existence politique n’est-elle pas déjà coupable ?
Alain Brossat confrontera des idées contenues dans un essai régulièrement évoqué dans le cadre de cette affaire avec quelques-unes des manifestations de défense et de solidarité qui ont suivi l’opération politico-policière du 11 novembre dernier.
En matière de lutte, où sont les impasses ? Et quelles sont les voies praticables ? C’est ce que cette discussion tentera de dégager.